La cantatrice chauve / la leçon ( Ionesco )

Ionesco, un maître de l'absurde? Rien n'est plus sûr!
Si vous lisez la Cantatrice chauve ou la leçon (qui sont à l'origine des pièces de théâtre), ne vous attendez pas à une histoire cohérente, que ce soit dans l'espace (temps) et dans la narration (les faits).
A noter que la cantatrice chauve se trouve largement un cran au-dessus de la leçon, car celle-ci lasse le lecteur après un certain temps, notammment par la technique de la répétition, largement utilisée dans cette pièce ( à signaler aussi que l'auteur a avoué vouloir écrire une pièce qui serait un challenge pour les acteurs, la difficulté venant évidemment de la répétition des dialogues).
La cantatrice chauve, une pièce de théâtre agréable à lire pour varier les plaisirs!
La Cantatrice chauve
" Qu'importe que la cantatrice soit chauve puisqu'elle n'existe pas ! Dans cette petite « anti-pièce », première oeuvre dramatique de Ionesco, il n'est fait référence que deux fois à la cantatrice chauve, personnage dont on ne sait rien et qui n'apparaît jamais. Il s'agit d'un nouveau théâtre, celui qui donne naissance à des pièces sans héros, sans sacro-sainte division en actes, sans action, sans intrigue, avec en guise de dénouement la quasi-répétition du début, et dont les traditionnelles retrouvailles sont remplacées par une parodie de reconnaissance d'une invraisemblance ahurissante. Les personnages, tout droit sortis d'un manuel de langue, ne s'expriment que par clichés, disent une chose pour aussitôt affirmer son contraire, trouvent une jubilation idiote à employer proverbes et maximes tout en les pervertissant sans même s'en apercevoir. Il en résulte un petit chef-d'oeuvre comique, traité sur l'absurde, variation sur la bêtise et paradoxalement éloge du pouvoir du langage. « Tiens, on sonne. Il doit y avoir quelqu’un, je vais voir » ! "
La Leçon
" L'arithmétique mène à la philologie, et la philologie au crime. Voilà comment on peut résumer cette tragique parodie de 1951, plutôt lubrique, obéissant à l'esthétique de la surprise et conciliant l'esprit d'avant-garde, le divertissement et le souci de l'invraisemblance systématique. C’est de la folie à l’état pur : « J’ai mal aux dents. Nom d’un caniche à barbe ! Écoutez-moi ! » "
8/10
D'autres pièces de Ionesco: La cantatrice chauve, La leçon, Le roi se meurt, Les chaises, L'impromptu d'Alma, Macbett,