Stupeur et tremblements ( Amélie Nothomb )

J’ai passé un excellent moment en lisant Stupeur et tremblements, le style ironique de l’auteur, son humour subtil et sa prose romanesque fort décalée par rapport à mes lectures habituelles Ionesco excepté m’ont fait apprécier ce roman primé à juste titre par l’académie française et m’ont donné envie de lire d’autres livres de cette « graphomane » belge. Son dernier bouquin, Ni d’Eve ni d’Adam reprend le cadre de Stupeur et tremblements mais du point de vue affectif. Un régal tous les deux !
« Avec stupeur et tremblements. J'ai toujours adoré cette formule qui correspond si bien au jeu des acteurs dans les films de samouraïs, quand ils s'adressent à leur chef, la voix traumatisée par un respect surhumain." Avec ce huitième roman, Amélie-san Nothomb nous fait pénétrer dans l'univers hiérarchisé d'une grande entreprise nippone, la compagnie Yumimoto, et en décortique un à un les codes : la négation de l'individualité, le respect de la pyramide patronale, la soumission de la femme... Une analyse incisive et croustillante des conditions de travail au pays du soleil levant.
Employée comme interprète, l'héroïne, originaire du Japon mais vivant en Belgique, se retrouve, plusieurs gaffes de langage et de comportement plus tard, rétrogradée au simple rang de "nettoyeuse de chiottes" du quarante-quatrième étage. Une fonction qu'elle occupe pendant sept mois et qui exige d'elle les plus grandes contorsions d'esprit pour accepter sa nouvelle place au sein de la compagnie. Une place de choix qui lui permet de mettre en pratique les commandements nippons : humilité dans la tâche, exécution fidèle et lobotomisation cérébrale. De quoi ravir une blanche occidentale, désespérée de devoir préserver les bonnes relations belgico-japonaise. »
9/10
D'autres livres d'Amélie Nothomb: Les combustibles, Acide sulfurique; L'entrée du Christ à Bruxelles, Les combustibles, Ni d'Eve ni d'Adam, Stupeur et tremblements, Cosmétique de l'ennemi, Hygiène de l’assassin, Antéchrista, Péplum,