Lettre à un otage ( Saint-Exupéry )
A l’origine, il faut savoir que Lettre à un otage était une préface de Saint-Exupéry d’un des livres de Léon Werth, son meilleur ami. Durant la deuxième guerre mondiale, Saint-Exupéry s’expatria au Portugal, d’où il écrit cette préface émouvante pour son ami, resté en France. On ressent tout au long de cet écrit un humanisme, une émotion qui étreint à la fois son auteur et le lecteur, car Léon Werth est Juif, et risque donc énormément s’il est dénoncé ou capturé par les nazis. En lisant ceci, qui est une sorte d’hymne à l’amitié, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le lien avec Montaigne et La Boétie : Montaigne affirmait qu’il y avait une réelle amitié lorsque l’on ne sait plus qui apporte le plus à l’autre. L’amitié est source de joie, de richesses et ce doit être réciproque, sinon il n’est guère question d’amitié. L’autre lien entre Saint-Exupéry et Montaigne, c’est qu’ils sont tous deux humanistes. Pour l’auteur du Petit Prince, un sourire d’êtres parfois très différents de nous suffit à faire tomber les barrières, et nous le considérons alors comme un égal, ou presque. Les hommes détiennent leur avenir entre leurs mains, à eux de bien savoir le construire…
" Il nous semble, à nous, que notre ascension n'est pas achevée, que la vérité de demain se nourrit de l'erreur d'hier, et que les contradictions à surmonter sont le terreau même de notre croissance. Nous reconnaissons comme nôtres ceux mêmes qui diffèrent de nous. Mais quelle étrange parenté ! Elle se fonde sur l'avenir, non sur le passé. Sur le but, non sur l'origine. Nous sommes l'un pour l'autre des pèlerins qui, le long des chemins divers, peinons vers le même rendez-vous. " Un appel à tous ceux qui, épris de liberté, refusent de subir. Un texte d'une rare actualité.