* Article rédigé sur base du travail d'Alexandre Devaux, bien à toi ^^ *
Tout au long de son œuvre Camus traite de la "condition humaine", du comportement de ces hommes qui ne font que se juger
entre eux. Il développera notamment dans cette optique une interrogation morale à propos de l'innocence et de la culpabilité. Il faut aussi préciser que l'auteur a écrit ce livre pendant un
moment de tension entre lui et Jean-Paul Sartre (ce livre exprime d’ailleurs sa rupture avec le mouvement existentialiste de Sartre).
Cet essai met en scène un homme nommé Jean-Baptiste Clamence, juge-pénitent qui, tout au long du livre, va « confesser » ses péchés, et en mettant ses
pêchés à la lumière, cela lui servira à mieux juger les autres hommes.
Cet homme qui croyait avoir plus de valeur que la plupart de ces concitoyens, se rend compte que finalement il ne vaut pas mieux que, au contraire ! La chute peut être considérée comme la
dégringolade de sa propre estime, et fait référence à plusieurs idées :
Tout d’abord, la chute, la désillusion de la vision du juge-pénitent par rapport au monde qui l’entoure, la chute
de l’homme. Au début du livre, celui-ci a une vision relativement optimiste de la condition humaine, il aide son prochain etc. Et le fait d’aider contribue à le rendre heureux, lui donne une
sorte d’autosatisfaction. Un jour, il a « vu » une femme sauter d’un pont et se noyer, mais il n’a rien fait, il oubliera d’ailleurs l’incident peu après. Mais lorsqu’un rire résonne
quand il marche le long du quai, cela va réellement le perturber. Depuis, ses habitudes changent, il regarde les autres personne d’un œil nouveau.
L’œuvre fait une réflexion morale sur l’innocence, la culpabilité, en remémorant des cas judiciaires qu’il a plaidés, mais aussi d’autres
exemples, avec ce qu’il appelle « la vie mondaine ».
Mais aussi, la chute du bonheur, qu’on ne peut atteindre. Car il ne trouve plus la quiétude d’avant « l’accident du rire », c’est pour cela qu’il fait sa confession,
à nous, lecteurs.
Selon toujours Jean-Baptiste, tous les hommes veulent être au centre des intérêts des autres, par exemple par la
jalousie qu’il exprime par bien des exemples.
Camus ne fait parler que Jean-Baptiste, par le moyen d’un monologue fort bien arrangé, avec des questions
rhétoriques par exemple, pour interpeller un personnage auquel nous pouvons aisément nous reconnaitre. Et en nous identifiant à ce personnage, on écoute la « plaidoirie » de
Jean-Baptiste, ce qui nous fait réfléchir indirectement, à notre propre culpabilité/innocence. Il a donc pour rôle d’éveiller la conscience, pour juger de l'extérieur mais aussi pour aider
autrui à assumer sa propre culpabilité. C'est ainsi qu'il devient frère de tous les hommes. A travers son personnage « innocent » en apparence, il touche à la condition humaine de
son livre, mais aussi à celle du lecteur.
Pour éloigner ce rire moqueur, Clamence, par sa confession mettra l’attention sur l’une de ses faiblesses, mais
aussi de ses contemporains qu’ils refusent tous. L’amour de soi, qui est plus fort que tout et fait que tout se déroule bien, en ne se souvenant jamais que de soi-même.
Pour terminer, j’ai trouvé cette œuvre enrichissante. Au début, parce que cela pousse à réfléchir vis-à-vis des propos énoncés, sur les gens, la société etc. Mais
par la suite, sur soi-même, car je trouve que Camus à bien fait de pousser le lecteur, même indirectement, à se remettre un peu en question, à réfléchir par rapport à sa manière d’être. Cela m’a
vraiment plu, car je trouve qu’il touche à l’humanité toute entière.
« Dans un bourg d'Amsterdam où se croisent matelos de toutes nations,
souteneurs, prostituées et voleurs, un homme que le hasard a mis sur le chemin de l'un de ses compatriotes, se raconte. Qui est-il ? C'est la source de cet admirable monologue, où Jean-Baptiste
Clamence retrace le parcours autrefois brillant de son existence. Jusqu'au jour où différents évènements ruinent les derniers vestiges de sa normalité existentielle. Il fuit dans la débauche ce
qu'il découvre tous les jours un peu plus. Fuir l'hypocrisie des coeurs, de la charité, de la solidarité, l'hypocrisie du monde, fuir cette existence fausse où le plaisir personnel décide des actes
les plus beaux. Il part alors pour la cosmopolite Amsterdam et s'y institue " juge pénitent " pour dénoncer l'ignominie humaine. »