Les âmes grises ( Philippe Claudel )

J’avoue avoir eu du mal à rentrer dans le livre, le style de l’auteur, qui est sombre, assez déprimant (tout comme l’histoire d’ailleurs) et avec une narration qui n’est pas du tout structurée, au contraire le narrateur effectue souvent des digressions, en conséquence le récit avance assez lentement, ce qui explique peut-être qu’il m’a fallu une centaine de pages avant de me sentir à l’aise avec ce bouquin. Je le conseille néanmoins, pour sa particularité !
" A l’hiver 1917, dans un village du nord de la France tout près duquel les combats font rage, une fillette d’une dizaine d’année est retrouvée morte, assassinée sur le bord d’un petit cours d’eau.
Des années plus tard, retraité, le policier qui a mené l’enquête raconte ce qui a suivi. Qui a tué Belle ? Un maraudeur de passage ? Le petit soldat breton déserteur ? La solidarité de classe n’aurait-elle pas épargné le coupable en la personne du procureur Destinat, personnage impitoyable et glacé ? Et comment expliquer le suicide de la jeune institutrice, Lysia, si pleine de vie ?
A partir d’une énigme à la Simenon, Philippe Claudel a construit un roman puissant, à la progression dramatique impressionnante, tableau saisissant d’une France provinciale plongée dans le cauchemar de la guerre. Il a aussi analysé, avec une lucidité et une finesse psychologique sans faille, les rapports troubles que le bien et le mal entretiennent en chacun de nous, faisant à jamais de nos âmes des « âmes grises ».
Couronné par le prix Renaudot 2003, ce roman a revécu à l’écran dans le film d’Yves Angelo, magistralement interprété par Jean-Pierre Marielle et Jacques Villeret. "